Grégoire Gardette english version

"REVERSO"

ou une vie à rebours... 2019 - 1961
Gregoire Gardette

Après tant d’années à plaire, déplaire,
séduire et décevoir...
Comment se réaliser pour être libre ?

À l’instar de nombreux artistes investis d’une volonté de dépassement des frontières entre l’art et la vie, Grégoire Gardette revisite le parcours d’une vie.
Empruntant ses « semelles de vent » sur les traces de son passé, il s’investit dans une démarche qui fait écho à son itinéraire professionnel partagé avec ses clients, pour n’en faire plus que le sien.

D’images, de papiers, de lumières, d’encres et de sueur, son époque est révolue. Le temps s’accélère. Si on le retrouve un peu essoufflé, il s’émerveille toujours d’un sourire, d’un geste ou d’un paysage.

La trame sensible de ses photographies se constitue au gré de voyages ou dans les interstices de sa vie quotidienne. En se laissant guider par son regard, l’artiste n’a de cesse de forger une matière brute constituée de visages, de villes et de campagnes, glanée de part et d’autre du monde.
Et ainsi, après avoir attendu patiemment de trouver son argile, façonner une oeuvre qui se positionne, reverso, à rebours de la vie.

L’OEUVRE PALIMPSESTE

Introspective, sa pratique l’est certainement car ces images, fragments d’un instant, l’artiste les manipule ensuite avec la joie de celui qui se replonge dans les rencontres dont elles témoignent, dans une complicité bienveillante.

La matière même dont chaque oeuvre est faite rend doublement compte de ce regard à rebours, investissant l’envers d’une vie.
Chaque photographie est sérigraphiée au verso d’une affiche publicitaire qu’il a repeinte au préalable, clin d’oeil malicieux de Grégoire Gardette à l’égard de l’homme d’image qu’il a été.

Détourner une affiche publicitaire et faire éclater les codes du protocole artistique, la démarche n’est pas sans rappeler celle des chantres du Nouveau Réalisme, Jacques Villeglé ou Raymond Hains.
Sans prétendre à une filiation directe avec l’ambition avant-gardiste de ces « affichistes » de révéler une réalité urbaine à coup de ce support papier, lacéré et recomposé, la pratique de Grégoire Gardette s’en approche seulement en ce qu’elle place au coeur de ses préoccupations une entreprise de réappropriation spontanée de la grammaire visuelle de son époque.

Artisan de cette imagerie contemporaine dépassant les frontières de la ville pour s’étendre à la mesure du monde, il se recrée ainsi, à rebours de cet inconscient collectif qu’il a contribué à forger, un imaginaire personnel « décollé » de toute emprise objectivante.

« S’EMPARER DU MONDE »

Cette expression heureuse de Villeglé, l’artiste la fait sienne en première personne. Son monde à lui est celui de l’envers du décor, d’un oxymore où l’invisible de l’ordinaire s’expose et fait sujet. La présence de l’artiste se révèle autant dans le rapport intime et subjectif qui le lie à son modèle que par la densité qu’il imprime à la trame photographique.

À l’ère du digital et du multiple, Grégoire Gardette a en effet choisi de renouer avec le travail de la matière pour mettre en exergue la singularité de chaque oeuvre.
Il installe ses images sur une base picturale recouvrant le verso d’anciennes affiches publicitaires, s’affranchissant ainsi du nouveau réalisme et du travail de son ami Jean-Charles Blais.

En choisissant la sérigraphie pour mode d’impression, il revisite la technique photographique pour en faire ressortir les aspérités, instaurant un palimpseste visuel qui n’est pas sans rappeler la texture même de nos expériences, strates accumulées de sensations, de perceptions et d’affects.

En inventant de la sorte « une oeuvre complice de toute une vie à rebours », Grégoire Gardette prend ses distances avec la posture qui a longtemps été sienne, celle d’un homme tourné vers ses clients, pour laisser s’affirmer sa singularité d’artiste et se retrouver tel qu’il a toujours été.

Grégoire Gardette, nous propose ici, une série de portraits réalisés en marge d’un reportage pour le groupe hôtelier Jumeirah dans les Emirats Arabes Unies et en Chine. Il saisi le regard le plus profond de ces femmes. Tantôt celui déterminé d’une Brésilienne des Favelas, d’une Indienne Waraos du Vénézuela, la mélancolie Orientale d’une Egypto-Américaine, la timidité d’une Chinoise ou encore celui d’une «Mona Lisa» Rwandaise.

Tirage 1/1 signé Grégoire Gardette

À PROPOS DE GRÉGOIRE GARDETTE

Né en 1961, Grégoire Gardette est diplômé de l’École des Beaux-Arts d’Orléans, avec une spécialisation en graphisme et en photographie.
Il a débuté son parcours en tant que directeur artistique en agence de publicité avant de fonder son propre atelier de design graphique en 1991.

Pendant près de trente ans, Grégoire Gardette a accompagné de grandes marques à travers le monde dans les univers de la culture, de l’art de vivre, du voyage et de la beauté.
Ces dernières années, sa pratique personnelle s’est recentrée autour de la photographie.

Céline Boisserie-Lacroix

Exposition Reverso
ORIANA Venezuela
ORIANA . Venezuela . Sérigraphie sur acrylique au verso d’affiches arrachées . 78x110 cm . 1/1 . 2019
ORIANA Venezuela
ORIANA . Venezuela . Sérigraphie sur acrylique au verso d’affiches arrachées . 122x158 cm . 1/1 . 2019
SHAFAQ Égypte
SHAFAQ . Égypte . Sérigraphie sur acrylique au verso d’affiches arrachées . 118x150 cm . 1/1 . 2019
CHERRY Chine
CHERRY . Chine . Sérigraphie sur acrylique au verso d’affiches arrachées . 110x152 cm . 1/1 . 2019
SHAFAQ Égypte
SHAFAQ . Égypte . Sérigraphie sur acrylique au verso d’affiches arrachées . 46x58 cm . 1/1 . 2019
TALITA Brésil
TALITA . Brésil . Sérigraphie sur acrylique au verso d’affiches arrachées . 45x55 cm . 1/1 . 2019
MICHELLE Rwanda
MICHELLE . Rwanda . Sérigraphie sur acrylique au verso d’affiches arrachées . 43x63 cm . 1/1 . 2019

Grégoire Gardette . 12 rue du Malonat . 06300 NICE . France . +33 (0)4 93 62 84 21